Greffe de rein · Avant la greffe
Qui ne peut vraiment pas bénéficier d'une greffe de rein ?
La plupart des refus que les patients reçoivent ne figurent pas sur cette liste. Il vaut la peine de savoir quels sont les véritables obstacles — et lesquels sont permanents.
Écrit par Prof. Dr. Murat Tuncer · Adapté de son livre Transplantation rénale — Avec questions et réponses
La réponse courte
- La liste de les barrières absolues sont courtes, et la plupart des affections qui inquiètent les patients n'y figurent pas.
- Presque chaque élément de la liste décrit quelque chose actif ou non résolu — ce qui signifie qu'il peut souvent changer.
- Le VIH est une contre-indication relative, et non absolue. Il existe des critères définis et les patients qui y répondent sont transplantés.
- Le cancer est évalué au cas par cas, selon le type de tumeur et le temps écoulé depuis le traitement.
- Un des éléments de la liste n'est pas du tout médical — et c'est celui pour lequel il vaut la peine de planifier.
Les contre-indications absolues
Voici les conditions qui excluent véritablement une transplantation rénale lorsqu'elles sont présentes :
| Condition | Permanent ? |
|---|---|
| Cancer non résolu | Non — cela dépend du traitement et de la rémission |
| Sida actif ou hépatite active | Non — cela dépend du contrôle de la maladie |
| Tuberculose active | Non — traitable |
| Maladie vasculaire grave | Généralement oui |
| Toxicomanie intraveineuse active | Non — cela dépend de la récupération |
| Espérance de vie des moins de cinq ans | Dépend de la cause sous-jacente |
| Infarctus du myocarde récent | Non — une question de timing |
| Insuffisance d'autres organes au stade terminal (cœur, poumons, foie) | Peut mener à une transplantation combinée |
| Incapacité à payer les médicaments post-greffe | Non — mais il faut le résoudre avant l'intervention chirurgicale |
La plupart de ceux-ci sont écrits comme "actif", "non résolu", "récent". Cette formulation est délibérée. Ils décrivent un état à un moment donné, et non une caractéristique permanente du patient.
Une contre-indication qui peut cesser est une retard, pas un refus — et ces deux éléments ne devraient pas être formulés dans la même phrase.
Le dernier élément de la liste
Une entrée n'est pas une maladie : l'incapacité du patient à se procurer son médicament après la greffe.
Il figure sur la liste pour une raison cruciale. Les médicaments immunosuppresseurs ne sont ni facultatifs ni temporaires. Un rein transplanté dont le receveur arrête de les prendre sera perdu, et un organe donné aura été gaspillé en même temps que la chirurgie du donneur.
Ce n'est pas une raison pour cacher des difficultés financières à une équipe de transplantation. C'est une raison de les aborder tôt, tant qu'il est encore possible de planifier en conséquence. Les équipes préfèrent de loin résoudre ce problème avant la chirurgie plutôt que de le découvrir après.
VIH : une contre-indication relative
La séropositivité au VIH est une relatif contre-indication, mais pas absolue. Certains patients séropositifs pour le VIH sont éligibles à une transplantation rénale, à partir d'un donneur vivant ou décédé.
Les critères de consensus publiés définissent ce qui doit être vrai :
- Nombre de lymphocytes T CD4+ supérieur à 200/mm³ depuis plus de six mois
- ARN du VIH-1 indétectable depuis plus de trois mois
- Activé trithérapie antirétrovirale hautement active depuis plus de trois mois
- À l'abri des infections opportunistes
Les exigences de test spécifiques et leur calendrier sont planifiés conjointement par l'équipe de transplantation et l'équipe des maladies infectieuses. Notez la distinction dans la liste ci-dessus : SIDA actif est une barrière absolue. Une infection par le VIH contrôlée n'est pas la même chose.
Cancer : évalué au cas par cas
Il y a deux raisons légitimes d'être prudent lorsqu'un candidat à la greffe a un cancer :
- Le traitement immunosuppresseur administré après la transplantation nuit au cours naturel du cancer.
- La transplantation est inapproprié pour un patient dont l'espérance de vie est déjà courte à cause du cancer lui-même.
Mais aucun de ces éléments ne fait du cancer une cause automatique d'exclusion.
Un antécédent de cancer ne constitue pas un obstacle définitif à la transplantation. Chaque patient est évalué séparément, selon les type de tumeur et le période d'attente sans tumeur depuis le traitement.
Différents cancers entraînent des délais d'attente requis différents. "Vous avez eu un cancer" n'est pas une réponse : les questions sont lequel, et il y a combien de temps.
Qu'est-ce qui n'est pas sur la liste
Il convient de mentionner les choses que l'on dit souvent aux patients qui les disqualifieront, et qui n'apparaissent pas parmi les contre-indications absolues :
- Diabète — les patients diabétiques pourraient le plus bénéficier d'une transplantation
- Hépatite B ou C — pas un obstacle à moins que le foie ne soit cirrhotique
- Âge — la plupart des centres ne fixent pas de limite d'âge supérieure ; l'aptitude est évaluée, et non l'âge
- Être en surpoids ou insuffisant pondéral — une raison de corriger le poids, non de refuser
- Une greffe ratée précédente — la retransplantation est routinière
- Mauvaise compatibilité tissulaire — largement sans objet avec un donneur vivant
- Incompatibilité sanguine — des parcours d'échange de paires et des parcours incompatibles ABO existent
- Une épreuve croisée positive — dépend du type d'anticorps
Chacun d'eux a été utilisé pour renvoyer des patients chez eux. Aucun d'entre eux ne figure sur la liste en haut de cette page.
Si vous avez fait l'objet d'un refus
Trois questions transforment un refus vague en quelque chose sur quoi vous pouvez agir :
- Quelle constatation spécifique a motivé cette décision ? Pas "votre état" — la découverte.
- Est-ce sur la liste définitive, ou est-ce un retard ? La différence est tout.
- S'il s'agit d'un retard, que faudrait-il changer et de combien ? Un chiffre sur lequel vous pouvez travailler est un plan. Une réponse vague n'en est généralement pas un.
Prof. Dr. Murat Tuncer
Néphrologue et médecin transplanteur. Auteur de Transplantation rénale — Avec questions et réponses (Istanbul, 2020), écrit pour répondre aux questions que ses propres patients posent le plus souvent.
Votre refus figurait-il sur la liste ?
Envoyez-nous les rapports et la raison qui vous a été donnée. Nous vous dirons honnêtement de quoi il s'agit, y compris lorsque la réponse est que le refus est maintenu.
Avertissement médical. Cet article est une information générale adaptée d'un livre publié. Il ne s'agit pas de conseils médicaux personnels, il n'établit pas de relation médecin-patient et il ne peut remplacer l'évaluation par votre médecin traitant. Les critères de contre-indication diffèrent selon les centres et évoluent à mesure que les traitements s'améliorent. Consultez toujours votre propre néphrologue ou centre de transplantation avant de prendre des décisions concernant votre traitement.
Références
- Knoll G, Cockfield S, Blydt-Hansen T, et al. Lignes directrices consensuelles de la Société canadienne de transplantation sur l'admissibilité à la transplantation rénale. CMAJ 2005;173(10).
- Kasiske BL, Cangro CB, Hariharan S, et al. The evaluation of renal transplantation candidates: clinical practice guidelines. Am J Transplant 2001;1(suppl 2):3–95.
- Rao PS, Merion RM, Ashby VB, Port FK, Wolfe RA, Kayler LK. Transplantation rénale chez les patients âgés de plus de 70 ans : résultats du Scientific Registry of Transplant Recipients. Transplantation 2007;83:1069–74.
